La vallée de la Déôme

Vallée reliant la Haute-Loire à l’Ardèche, ses paysages sont tout en contrastes : tantôt espace montagnard affirmé, tantôt paysage d’étage collinéen aux conditions et ambiances méridionales. La Vallée de la Déôme traversée par la départementale 1082, aussi appelée la route bleue, fait écho aux vacances de notre enfance, avec en ligne de mire… la Méditerranée.

Entre forêts sombres et pâturages ensoleillés

La vallée de la Déôme s’étend de la commune du Bessat à celle de Burdignes en passant par Saint-Sauveur-en-Rue et Saint-Julien-Molin-Molette. Sa frange ouest largement ouverte sur le bassin d’Annonay, contraste avec les importants massifs forestiers qui la bordent : massif des Crêts, du Grand Bois ou de Taillard.

4 vallées composent ce paysage : vallées de la Déôme, de l’Argental, du Ternay, du Riotet.

Chacune d’elles contribue à la définition d’un ensemble cohérent et organisé au sein du bassin versant de la Déôme.  Déterminantes dans la physionomie de ce territoire, elles constituent presque toutes des ensembles paysagers identitaires du Pilat.

Vallée de la Déôme depuis le col du Banchet

Deux versants opposés

La situation de la vallée de la Déôme aux portes de l’Ardèche et les contrastes entre un espace montagnard affirmé et un étage collinéen aux conditions et ambiances méridionales confèrent à ce territoire des ambiances et donc des perceptions variées.

Longue faille géologique à la charnière du Massif du Pilat et de la Chaîne des Boutières (versant méridional), la vallée de la Déôme se caractérise par un fond de vallon assez large et une grande variété de paysages influencés par des particularités géologiques, climatiques, faunistiques et floristiques mais aussi par son mode d’occupation du sol. Son versant nord boisé s’oppose au versant sud aride et agricole, aux influences méridionales.

La forêt de production s’étend sur les versants nord et ferme l’horizon en altitude. Essentiellement tourné vers l’exploitation de conifères (douglas, épicéa, …), l’étage montagnard est cependant marqué par de nombreuses hêtraies traitées en taillis et taillis sous-futaies qui ponctuent les boisements sombres des conifères et offrent des variations de couleurs et de lumière tout au long de l’année.

L’étage intermédiaire est plus ouvert. Des hameaux sont présents dans les clairières, les fonds de vallées sont généralement occupés par l’agriculture mais surtout par l’urbanisation avec les bourgs de Bourg-Argental (vallée de la Déôme) et de Saint-Julien-Molin-Molette (vallée du Ternay) notamment.

Dominée par l’élevage de bovins laitiers, l’agriculture contribue ici à donner cette image de paysage ouvert et dynamique.

L’eau, source de l’occupation humaine

L’eau est omniprésente et marque fortement cette vallée, non seulement par le relief (composition des quatre vallées) mais aussi par l’occupation du sol résultant de l’exploitation de la force hydraulique depuis le XIème siècle. L’exploitation de la force mécanique de l’eau a dispersé sur ce territoire un patrimoine industriel riche qui concourt aussi à la physionomie particulière des bourgs et des silhouettes villageoises. Ceci est particulièrement saisissant à Saint-Julien-Molin-Molette, Bourg-Argental et dans une moindre mesure à Saint-Sauveur-en-Rue où cheminées, maisons de maître et fabriques imposantes marquent le paysage et créent des évènements à l’échelle des vallées.

Les cols points forts de ce paysage

Les cols, ici comme sur l’ensemble du massif, sont des lieux biens particuliers. Ils constituent souvent un point de départ privilégié pour les loisirs de pleine nature, en été comme en hiver.  Situés sur les principaux axes de perception du paysage, ils constituent des charnières vers des espaces, des vallées et souvent vers des séquences paysagères différentes.

Le col de la République emprunté par la route départementale n°1082, (ex RN 82) aussi appelée « route bleue » depuis 1936, représente un axe structurant utilisé par de nombreux automobilistes, notamment des touristes sur la route des vacances vers le sud de la France. Il constitue un espace vitrine important depuis le col et le site des Trois Croix en amont jusqu’à l’aval de la vallée de la Déôme, en limite avec le département ardéchois.

Le col du Tracol et sa route départementale n°503 assure la liaison avec le département de la Haute-Loire.

Le dessin de ce paysage est particulièrement bien lisible depuis le col du Tracol, en amont de la Déôme, ou le col du Banchet, en transition avec la vallée du Ternay. La vue depuis le plateau de Burdignes donne un bon panorama sur la vallée de la Déôme. Toutefois, il n’est pas aisé d’embrasser d’un seul regard l’ensemble de cette entité paysagère.

Le regard du paysagiste

Dynamiques et Pressions

Malgré des secteurs de pentes, souvent aménagés en terrasses et au contact des bourgs, gagnés par la friche ou l’urbanisation, la surface agricole reste toutefois encore importante et contribue à maintenir un équilibre entre espace fermé/boisé et espace ouvert/agricole. Pour autant, le contraste entre les versants nord et sud ne cesse de se renforcer au détriment d’une diversité paysagère et de milieux. Ces évolutions engendrent notamment une disparition des murs et murets, pourtant garants du maintien des structures paysagères.

L’extension des plantations forestières a tendance à supprimer certains habitats  naturels ou humains. Plus bas en altitude, la friche et les boisements spontanés se rapprochent des villages et des hameaux au détriment de la distinction entre un espace collinéen, aux ambiances méridionales, et un espace montagnard, qui, faute de variété, pourrait rapidement devenir austère. Cette extension progresse de plusieurs centaines d’hectares par an, essentiellement sous forme de résineux, la plupart étant de la pousse spontanée, par déficit d’entretien. Le domaine forestier privé étant très morcelé, c’est souvent l’image de plantations en « timbre-poste » qui domine le paysage.

Les dynamiques urbaines sont nettement moins marquées que sur d’autres secteurs du massif. Cependant, une vigilance est à maintenir sur son mode de développement.

Objectifs de qualité paysagère

L’insertion du bâti par rapport au relief et à la pente, la progression de l’urbanisation sur les versants agricoles en ordre dispersé ou encore l’affirmation de styles architecturaux étrangers au territoire sont des enjeux importants pour le maintien de l’identité des paysages de la vallée de la Déôme.

Ce rapport à la pente, la préservation des éléments du paysage ou la réappropriation des modes d’adaptation au relief dans la construction, constituent des objectifs de qualité paysagère incontournables.
En effet, ces techniques, particularités ou éléments de paysage, tels les murs et murets de soutènement, sont garants des structures paysagères identitaires et patrimoniales de la vallée de la déôme.

Le maintien de l’ouverture des cols, des abords des routes en balcons et des axes structurants mais aussi les éléments de paysages qui y sont liés doivent faire l’objet d’une attention particulière.

Concernant les dynamiques agricoles et forestières, la limitation du développement de la friche et de la progression de l’enrésinement, en conflit avec les espaces agricoles ou les hêtraies, constituent des enjeux de paysage importants. L’assurance de la régénération des hêtraies, valeur environnementale et paysagère du Pilat est aussi un objectif à atteindre.

Paysages

Les crêts Le versant Gier La vallée de la Déôme Le Haut Pilat Le piémont rhodanien La côtière rhodanienne