Observatoire Territorial de la Forêt du Pilat

Outil graphique et cartographique de caractérisation de la forêt du Pilat et d’aide à la décision, l'Observatoire Territorial de la Forêt du Pilat repose sur la combinaison de relevés de terrain (sur 297 placettes réparties sur l’ensemble du Pilat) et de données LIDAR.

Contexte et Objectif

Alors que le climat évolue de plus en plus rapidement sous l’impulsion d’émissions carbone mondiales toujours plus conséquentes, la forêt souffre et change à une vitesse accélérée : dépérissements, croissance ralentie, migration naturelle ou assistée des espèces vers des altitudes plus hautes, plus fraîches et plus arrosées.

L’Observatoire Territorial de la Forêt du Pilat doit permettre de suivre et documenter ces évolutions, et ainsi amener les décideurs à prendre des décisions éclairées par des données locales fiables, précises et actualisées.

Le Parc du Pilat a choisi de profiter de l’opportunité de la mise à disposition gratuite de la donnée LIDAR, dans le cadre du plan France Relance, pour lancer la démarche de création de l’Observatoire en 2022.

Pour réaliser ce projet et assurer la mesure de données en forêt publique comme privée, le Parc du Pilat a choisi de confier ces prestations à l’Office National des Forêts et au Centre National de la Propriété Forestière.

Une meilleure connaissance de la forêt du Pilat

Les modélisations réalisées nous apportent de nombreuses informations :

A l’échelle du Pilat

Chiffres généraux

D’un point de vue sylvicole, de nombreuses données peuvent être calculées par l’intermédiaire de l’Observatoire, et notamment les suivantes :

GrandeurMoyenne PilatMoyenne résineuxMoyenne feuillus
G (Surface terrière exprimée en m²/ha)29,336,619,3
Ho (Hauteur moyenne en m)22,925,219,7
Dg (Diamètre moyen en cm)32,736,128,3
N (Nombre de tiges par hectare)341379290
V (Volume moyen en m³/ha)268369152
Ces informations sont calculées à partir de valeurs issues de pixels de 26m de côté, et sont également calculables à l’échelle parcellaire.
Le tableau représente les valeurs moyennes, retranchement fait des tiges non précomptables (<17,5cm de diamètre).

Cartes

L’Observatoire de la forêt du Pilat représente également un outil cartographique riche d’informations et notamment pour donner une vue d’ensemble de différents paramètres.

A titre d’exemple, voici ci-dessous une carte représentant la répartition feuillus – résineux de la forêt (toujours à l’échelle de pixels de 26m de côté), ainsi qu’une carte représentant la structure des peuplements.

Définitions (toutes les valeurs de diamètre indiquées sont valables à 1,3m de haut) :

  • « Non précomptable » signifie que les espaces boisés sont composés de tiges de diamètre inférieur à 17,5 cm. Ce peut notamment être le cas de jeunes plantations ;
  • « PB » pour Petit Bois : de diamètre compris entre 17,5 et 27,5 cm ;
  • « BM » pour Bois Moyen : de diamètre compris entre 27,5 et 47,5 cm ;
  • « GB » pour Gros Bois : de diamètre supérieur à 47,5 cm.

Bois mort en forêt

Il est nécessaire de rappeler que le bois mort est très important en forêt pour de multiples raisons :

  • Biodiversité : il accueille une faune, une flore et une fonge spécifiques ;
  • Risque incendie : Les gros bois morts agissent comme des éponges pouvant contenir jusqu’à 700 L d’eau par m³ de bois pouvant être restitués en période sèche. Ils contribuent à maintenir une atmosphère humide et moins inflammable ;
  • Fonctionnalité des sols :
    • Retour de la matière organique et des minéraux impactant favorablement la fertilité des sols ;
    • Mise en place d’un humus et d’un sol forestier ;
    • Contribution à une meilleure infiltration de l’eau dans les sols (ravinement VS eau disponible pour les arbres).

In fine, la conservation de bois mort en forêt permet d’améliorer la robustesse climatique du peuplement.

L’analyse des 297 placettes inventoriées dans l’Observatoire nous indique des valeurs moyennes de bois mort (Attention, ces moyennes cachent de grandes disparités) :

  • 19,3 m³/ha de bois mort au sol ;
  • 11,5 m³/ha de bois mort sur pied ;
  • 30,8 m³/ha de bois mort au total, soit 11 % du volume moyen de bois par hectare, ce qui constitue une valeur raisonnable dans la mesure ou la majorité des espèces saproxyliques (qui dépendent du bois mort pour assurer tout ou partie de leur cycle de vie) peuvent survivre si le volume de bois mort par hectare est compris entre 20 et 50 m³ (Müler et Bütler, 2010).

État sanitaire

L’état sanitaire est ici évalué suite à la réalisation du protocole DEPERIS sur 33 placettes uniquement. Ainsi, les résultats obtenus sont à prendre avec la plus grande prudence et ne reflètent pas nécessairement la situation sanitaire des différentes essences du Pilat.

Néanmoins, cela nous donne quelques indications :

  • État sanitaire correct à bon : Sapin, Pins, Douglas ;
  • État sanitaire à surveiller : Épicéa, Châtaignier, Frêne.

Il est à noter (et contrairement aux idées reçues) qu’aucune tendance ne se dégage quant à un lien entre état sanitaire et diamètre (ou âge) des arbres.

La prise de mesures complémentaires pourrait permettre d’obtenir des données consolidées et donc plus significatives.

A l’échelle parcellaire

De multiples données peuvent être calculées et cartographiées à l’échelle de la propriété individuelle et sont intéressantes pour guider un propriétaire dans la gestion de ses biens forestiers.

C’est ainsi qu’il est possible de déterminer :

  • La stabilité d’un peuplement → Limitation des volumes de prélèvement et conservation des arbres stabilisateurs en cas de peuplement dit instable ;
  • Le volume de bois ainsi que la surface terrière (à la parcelle ou par pixel de 26 m de côté)→ Permet de définir un prélèvement adapté (en volume et en surface terrière) et localisé tout en s’affranchissant de la réalisation d’inventaires de terrain longs et fastidieux.

Pour les propriétaires intéressés par l’obtention de leurs données forestières, ils peuvent les demander au Parc du Pilat ou au Centre National de la Propriété Forestière, qui fournira un rapport détaillé individuel.

Les limites de la modélisation

Le survol Lidar du Pilat date de l’été 2023, ce qui suppose que les données sont aujourd’hui caduques pour les parcelles passées en coupe ou qui ont subi un aléa depuis cette date.

Les valeurs d’accroissement n’étant pas connues avant une prochaine campagne de mise à jour, il n’est pas possible de calculer l’évolution des paramètres sylvicoles par l’intermédiaire de l’Observatoire pour en donner une valeur autre que celle de 2023. Ce travail est en revanche réalisable par les propriétaires et gestionnaires qui disposeraient des données d’accroissement de leurs parcelles.

La marge d’erreur issue de la modélisation est inférieure à 10 % pour l’ensemble des paramètres calculés.

Perspectives

Les données obtenues par la réalisation de cette première campagne sont amenées à être mises à jour et la réalisation de nouvelles mesures sur les mêmes placettes doit permettre d’obtenir des informations complémentaires et riches sur les dynamiques forestières et notamment :

  • L’accroissement : Augmentation annuelle en volume ou en surface terrière d’une essence. Ex : +10 m³/ha/an – Donnée qui permet de calculer le pas de temps entre 2 coupes (La rotation) ;
  • L’évolution de l’état sanitaire des différentes essences ;
  • La répartition des essences et leur comportement face aux évolutions climatiques ;
  • L’évolution des pratiques sylvicoles.